Une photo sur la cheminée

Une photo sur la cheminée

Un canevas dans la salle à manger

Voilà tout ce qui me reste d’elle,

Le fantôme d’un souvenir frêle.

Et j’imagine ses doigts légers

Posés sur l’aiguille à tricoter,

Guidant le fil d’avant en arrière

Pour créer un monde de lumière.

On m’a parlé d’elle sur les sentiers

Allant en vélo jusqu’au marché

Vendre son beurre pendant la guerre,

Pour nourrir ses enfants sans leur père.

Et j’imagine ses petits pas,

La menant sur le chemin des choix,

Décidée dans sa longue robe noire

A poursuivre les voies de l’espoir.

On m’a parlé d’elle, de sa piété,

Quand elle priait agenouillée,

Un bon Dieu qu’elle n’avait jamais vu

Mais auquel elle avait toujours cru.

Et j’imagine ses mains serrées

Posées sur son chapelet bleuté,

Formant une flamme imaginaire

Pour guider vers le ciel ses prières.

On m’a parlé d’elle et de sa vie

De ce qu’il reste en moi aujourd’hui

D’une photo sur la cheminée,

D’un canevas dans la salle à manger.

Et j’imagine ses doigts légers

Tordant un fil de vie oublié,

Pour lui faire suivre le grand dessin,

Et donner des couleurs au destin.

A mon arrière-grand-mère,

Aude Allard

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